Actu SEDnv - Octobre 2026

L’anesthésie sous observation

Une anesthésie se déroule-t-elle comme chez tout le monde lorsqu’on est atteint d’un syndrome d’Ehlers-Danlos non vasculaire ? Pour le savoir, Karelle BENISTAN et ses collègues, du centre de référence des SED non vasculaires de l’hôpital Raymond-Poincaré AP-HP, ont passé au crible 127 interventions orthopédiques réalisées chez 69 patients.

Près de la moitié des anesthésies locorégionales utilisées pour anesthésier une région du corps ont été rapportées comme inefficaces. Après une anesthésie générale, près d’un tiers des interventions se sont accompagnées d’une aggravation des troubles de l’articulation temporo-mandibulaire, celle qui relie la mâchoire au crâne. Cinq luxations articulaires survenues pendant l’intervention ont également été signalées, toutes chez des patients atteints de SED hypermobile (SEDh).

L’autre point d’attention est la douleur. En effet, une douleur persistante au niveau du site opéré a été rapportée après 64,6 % des interventions, qui pouvait persister pendant plusieurs années après l’intervention. Des fourmillements ou engourdissements durant plusieurs jours ont également été décrits après environ une intervention sur cinq.

Alors, faut-il éviter l’anesthésie ? Les auteurs insistent plutôt sur l’intérêt d’anticiper : repérer les troubles de la mâchoire et les douleurs chroniques avant l’opération, protéger soigneusement articulations et nerfs lors du positionnement, éviter les hyperextensions et adapter les techniques d’anesthésie à chaque patient.

SED hypermobile : stimuler le nerf vague pour soulager la dysautonomie ?

Se lever et sentir son cœur s’emballer, avoir des troubles digestifs, des sueurs inhabituelles ou une fatigue persistante… Chez certaines personnes atteintes d’un syndrome d’Ehlers-Danlos hypermobile (SEDh), ces symptômes peuvent traduire une dysautonomie, c’est-à-dire un dérèglement du système nerveux qui contrôle automatiquement de nombreuses fonctions de l’organisme. Et si stimuler le nerf vague, l’un de ses principaux chefs d’orchestre, pouvait aider ?

C’est la piste explorée par les équipes du Dr Karelle BENISTAN et du Pr Eric AZABOU de l’hôpital Raymond-Poincaré AP-HP. Les chercheurs ont testé une technique non invasive : la stimulation transcutanée auriculaire du nerf vague. Concrètement, de faibles impulsions électriques sont appliquées sur une petite zone de l’oreille innervée par une branche de ce nerf. Quatorze femmes présentant un SEDh et une dysautonomie invalidante ont ainsi reçu une séance d’une heure par semaine pendant huit semaines.

Les résultats montrent que les symptômes autonomiques ont nettement diminué. Le score COMPASS-31, qui évalue leur sévérité, est passé en moyenne de 44,6 à 28,3, soit une baisse de 36,5 %. L’amélioration était particulièrement marquée pour les troubles gastro-intestinaux. Cinq participantes sur quatorze sont même passées sous le seuil de dysautonomie invalidante retenu par les chercheurs.

La technique s’est par ailleurs révélée bien tolérée : aucun événement indésirable cardiovasculaire ou neurologique n’a été observé. Quelques participantes ont seulement signalé des picotements ou une sensation de chaleur transitoire au niveau de l’oreille.

Les chercheurs souhaitent désormais confirmer ces résultats dans des essais randomisés de plus grande ampleur, en ajoutant des mesures objectives du fonctionnement du système nerveux autonome et des marqueurs neuro-immunitaires.

Pour en savoir + : Transcutaneous auricular vagus nerve stimulation improves dysautonomia in patients with hypermobile Ehlers-Danlos syndrome. Azabou E, Bao G, Pillot A, Mehlal S, Valdenaire E, Jarnet C, Gillas F, Zagdoun M, Vierne B, Rangon CM, Benistan K. Neurol Sci. 2026 Sep 28;47(10):817. doi: 10.1007/s10072-026-09420-7.

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