Définition

La néoplasie endocrinienne multiple de type 1 (NEM1) est une maladie génétique rare de prédisposition tumorale. Elle se caractérise par le développement de plusieurs tumeurs, principalement au niveau des glandes endocrines, c’est-à-dire des organes qui produisent des hormones. Les organes le plus souvent concernés sont les glandes parathyroïdes, le duodénum et le pancréas, ainsi que l’hypophyse. Les manifestations et leur sévérité sont variables d’une personne à l’autre.

Cette maladie est causée par des mutations du gène MEN1, qui permet la production d’une protéine appelée ménine. La ménine agit notamment comme un suppresseur de tumeur : elle participe à la régulation de la multiplication des cellules et contribue à empêcher leur croissance incontrôlée.

Une personne atteinte naît généralement avec une copie mutée du gène MEN1 dans toutes ses cellules. Au cours de la vie, la perte ou l’inactivation de la seconde copie normale du gène dans certaines cellules peut favoriser leur multiplication et le développement d’une tumeur. La NEM1 est héritée de manière autosomique dominante, ce qui signifie qu'un patient atteint a hérité d'un de ses 2 parents d'une mutation qui a un impact sur la fonction du gène. Chaque enfant d’une personne atteinte a un risque de 50 % d’hériter de la mutation. Chez environ 10 % des patients, la mutation apparaît de novo, c’est-à-dire chez une personne sans antécédent familial connu.

L’atteinte la plus fréquente est une hyperparathyroïdie primaire, souvent liée à l’atteinte de plusieurs glandes parathyroïdes. Celles-ci produisent trop de parathormone (PTH), ce qui entraîne généralement une augmentation du calcium dans le sang (hypercalcémie). Elle peut rester longtemps peu symptomatique ou provoquer une fatigue, une soif importante, des calculs rénaux, des douleurs osseuses ou une diminution de la densité osseuse.

Des tumeurs neuroendocrines du duodénum ou du pancréas peuvent également se développer. Certaines produisent des hormones en excès, comme la gastrine ou l’insuline, tandis que d’autres ne produisent pas d’hormone. Leur comportement est variable : certaines restent bénignes pendant longtemps, tandis que d’autres peuvent devenir malignes.

L’hypophyse, une petite glande située à la base du cerveau, peut également être touchée. Les tumeurs hypophysaires peuvent notamment produire un excès de prolactine, d’hormone de croissance ou, plus rarement, d’autres hormones.

D’autres manifestations peuvent inclure des tumeurs des glandes surrénales, des tumeurs neuroendocrines des bronches, du thymus ou de l’estomac, ainsi que des lésions non endocrines comme des lipomes (tumeurs bénignes du tissu graisseux), des angiofibromes du visage ou des collagénomes de la peau. La diversité de ces atteintes explique la nécessité d’un suivi régulier tout au long de la vie.

Ressources utiles

📘 Documents
Carte d’urgence générique CaP
Protocole d'urgence de l'hypercalcémie de l'enfant et de l'adulte
Arbre décisionnel Pas à Pas en pédiatrie pour l'hypercalcémie de l'enfant

Pour en savoir +