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Ostéogenèse imparfaite

Mis à jour le 9 Janvier 2018

Fiche d'identité

Synonyme(s) :

OI
Maladie des os de verre
Maladie de Lobstein


Présentation de la pathologie

L’ostéogenèse imparfaite (OI), ou maladie de Lobstein, ou maladie des os de verre, est une affection rare caractérisée par une fragilité congénitale des os. 

Elle associe des signes de sévérité variable, essentiellement des fractures survenant lors d’un choc modéré ou sans même traumatisme identifié, une hyperlaxité des ligaments et parfois des déformations. Il peut s’y associer des signes non-osseux  comme des sclérotiques bleutées, une anomalie des dents appelée « dentinogenèse imparfaite », un déficit de l’audition et une fragilité vasculaire. Il existe une grande variabilité d’expression, allant des formes modérées pouvant passer inaperçues à des formes majeures létales pendant la grossesse. Cette variabilité est détaillée dans la classification proposée par le Dr. Sillence, classification encore très utilisée de nos jours. 


Épidémiologie  

La prévalence à la naissance de l’ostéogenèse imparfaite est d’environ 1 pour 10 000 à 20 000 personnes. Il existerait donc 35 à 70 nouveaux cas par an en France.


Transmission 

Il s’agit d’une affection génétique. Il existe des formes isolées dans la famille (« formes de novo ») et des formes familiales (la majorité sont des formes dominantes, avec possible transmission verticale ; une minorité sont des formes récessives, avec des frères et sœurs possiblement atteintes mais des parents non affectés). En effet, dans environ 90 % des cas, il s’agit d’une affection autosomique dominante due à des mutations sur un seul des deux allèles des gènes COL1A1, COL1A2 ou IFITM5. Dans 10 % des cas, il s’agit de formes récessives, essentiellement autosomiques, associées à des mutations bi alléliques de gènes codant des protéines impliquées dans la synthèse, la maturation ou des modifications post-traductionnelles du collagène de type 1 (COL1A1 et COL1A2) (14 gènes différents connus en septembre 2018 : P3H1, CRTAP, PPIB, FKBP10, SERPINH1, SP7, SERPINF1, BMP1, TMEM38B, WNT1, CREB3L1, TAPT1, PLOD2 et SPARC). Il existe également des formes récessives liées à l’X, et donc s’exprimant chez des garçons dont les mères sont porteuses saines de la mutation génique (PLS3 et MBTPS2).


Clinique 

Le diagnostic doit être évoqué devant des fractures répétées survenant dans des contextes de traumatismes modérés. La majorité des cas sont suspectés pendant l’enfance par l’orthopédiste, le pédiatre, le radiologue ou le médecin généraliste ; chez le nourrisson, le principal diagnostic différentiel est celui de maltraitance. La suspicion d’une ostéogenèse imparfaite doit conduire à orienter le patient et sa famille vers un centre de référence/compétences (CR/CC) pour les maladies osseuses constitutionnelles (MOC) afin de confirmer le diagnostic et mettre en place les mesures de prise en charge adaptées. Le diagnostic repose sur un faisceau d’arguments cliniques et paracliniques. Il sera complété par l’étude moléculaire afin de préciser le défaut moléculaire et préciser le conseil génétique aux parents.


Prise en charge 

La consultation de génétique est essentielle pour informer sur la maladie, les méthodes de diagnostic, le conseil génétique (la dimension possiblement familiale) et les grands principes de prise en charge. 

De grands progrès ont été faits dans la reconnaissance et le traitement des OI depuis les 20 dernières années, comme par exemple l'identification du 1er gène causal en 1994. Pour autant, il n’existe à ce jour aucun traitement curatif spécifique. De nombreux travaux de recherche sont en cours dans différents grands centres (dont Necker-Imagine), afin de mieux comprendre les mécanismes physiopathologiques en cause au niveau sub-cellulaire, et de trouver des cibles thérapeutiques spécifiques optimales permettant de diminuer la fragilité osseuse tout au long de la vie.

Le patient est pris en charge par une équipe pluridisciplinaire spécialisée, coordonnée par un des CR/CC impliqués dans la prise en charge de cette pathologie, sur le plan régional. La prise en charge de cette affection est symptomatique : orthopédique (prise en charge des fractures et des éventuelles déformations des membres et/ou du rachis), de médecine physique et de réadaptation (rééducation adaptée, réadaptation en vue d’une insertion sociale et scolaire optimale, activité physique adaptée), pédiatrique (traitement des douleurs chroniques et/ou post-fracturaires, traitement éventuel par bisphosphonates), ORL (déficit de l’audition apparaissant à l’adolescence dans environ la moitié des cas) et odonto-stomatologique (en cas de dentinogenèse imparfaite) et/ou orthodontique. Ce suivi régulier est assuré idéalement par un médecin hospitalier spécialisé dans la prise en charge de cette maladie (pédiatre, généticien, médecin de médecine physique et de réadaptation, orthopédiste, rhumatologue), en lien avec le médecin traitant.


Fiches pratiques


Parcours de soins

Où se soigner ?

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Vivre avec une maladie rare

CONSEILS EN CAS DE FRACTURE 

OSCAR a réalisé un tutoriel vidéo pour vous aider à immobiliser le membre fracturé à la maison, en attendant votre prise en charge par les équipes médicales. 

Pour visionner le film, cliquez ICI 


INTÉGRATION SOCIO-PROFESSIONNELLE 

L’accompagnement à l’école, dans le monde professionnel et dans la vie quotidienne est fondamental pour permettre une inclusion adaptée en crèche, à l’école, dans les activités sportives puis dans la vie professionnelle. Les mesures facilitant les transports, et les adaptations au domicile permettent aux personnes d’être indépendantes et sont gages d’une bonne intégration sociale. Le soutien psychologique de la personne atteinte, enfant  puis adulte, et de sa famille (parents et fratrie) doivent être régulièrement proposés, et en particulier lors des points charnières comme lors de l’annonce du diagnostic, à l’entrée en collectivité, à l’adolescence ou lors des projets de parentalité.


La recherche

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Essais clinique en cours

Essai ASTEROID : traitement par BPS804

"A study in adult patients with type I, III or IV osteogenesis imperfecta treated with BPS804"
Essai de phase 2
Début = septembre 2017

Promoteur = MEREO 

Centre pour la France = Hôpital Lariboisière, Paris

Investigateur principal = Pr Martine Cohen-Solal, Lariboisière 
Co-Investigateurs = Dr Catherine Cormier, Cochin et Pr Roland Chapurlat, Lyon
Cette étude est également menée aux Etats-Unis, au Canada, au Danemark et au Royaume-Uni. Elle est coordonnée par le Pr Francis Glorieux à Montréal. 

Lien vers le portail Clinical Trials = NCT 03118570


Essai de traitement par DENOSUMAB 

"Prospective, multicenter, single-arm study to evaluate efficacy, safety, & pharmacokinetics of Denosumab in children with Osteogenesis Imperfecta (OI)"
Essai de phase 3, prospectif, interventionnel
Début = juillet 2015

Promoteur = AMGEN 

Centre pour la France = Hôpital Necker, Paris 

Investigateur principal = Pr Valérie Cormier-Daire
Co-Investigateurs = Dr Geneviève Baujat, Dr Caroline Michot

Lien vers le portail Clinical Trials = NCT 02352753

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